Vos questions, nos réponses

13févr.
2025

Que répondre à son enfant pour l’aider à verbaliser ses émotions ?

Les équipes des crèches et micro-crèches Karapat répondent à vos questions.

Nos professionnels de la petite enfance écoutent les besoins de vos enfants. Avec leurs premiers mots, ils expriment leurs émotions et leurs besoins. Dire “non”, répéter des gros mots, ne pas vouloir manger, faire tomber sa nourriture ou rester seul, fait partie du développement de votre enfant. Mais comment réagir lorsqu’un enfant dit “je ne t’aime pas”? Que faire quand votre tout-petit dit tout le temps “non” ou adopte un langage grossier ? Est-ce normal qu’un enfant reste seul, sans amis ou refuse de manger ?

Vos questions, nos réponses

Mon enfant dit tout le temps ‘‘non’’ 

Question de parent : “Depuis l’âge d’un an environ, mon enfant dit tout le temps “non”. Pourquoi ?”

Votre tout-petit babille, imite les sons émis par son entourage. Puis, il commence à prononcer « maman » ou « papa »… Et là, le mot « non » rejoint, du jour au lendemain, son vocabulaire quotidien. Bienvenue dans la phase d’opposition de l’enfant !
A partir du moment où un bébé se rend compte qu’il est une personne à part entière et non le prolongement de son parent, il va chercher à se distinguer des autres. Cette prise de conscience peut intervenir vers l’âge de 8 mois. Le “non” est souvent très présent dans le vocabulaire des enfants entre 18 mois et parfois jusqu’à l’âge de quatre ans.
Sa différenciation et l’affirmation de son individualité passe alors par l’opposition. Conséquence : votre enfant dit “non”.

L’étape du “non”

L’emploi du mot « non » est une étape. Elle est indispensable dans la vie du tout-petit et essentielle à son développement. Elle témoigne de sa capacité à construire sa propre identité.
Il va peu à peu affirmer son caractère, sa personnalité et ses désirs car il peut désormais exprimer son désaccord. Soit par la parole avec ce mot magique : “non”, soit en secouant la tête de gauche à droite.

Accepter que son enfant dise “non”

Comment réagir face à ces refus répétés ? Il est conseillé aux parents, tout en fixant certaines limites, d’accepter que son enfant dise “non”. De l’entendre, de le comprendre. Parce que l’enfant a le droit de refuser quelque chose et d’exprimer son désaccord. 

Les limites du “non”

Cependant l’adulte doit conserver son rôle d’éducateur. Décider pour l’enfant lui incombe. Le tout-petit est tout à fait à même de supporter ces frustrations liées à son éducation. Mais nul besoin de se fâcher. Il s’agit de rester à l’écoute et de trouver le ton juste, en tant qu’adulte, pour imposer la décision qui semble à ce moment-là la meilleure.

S’il est vrai que cette phase d’opposition peut être difficile à vivre, n’oubliez pas qu’elle est passagère !

> lire l’article de blog savoir dire “stop”...
Et si à la place du mot “non” que nous disons (trop) souvent et que nos enfants répètent à l’envi, nous utilisions le mot “stop” ?

Les professionnels de la petite enfance des crèches et micro-crèches Karapat sont à votre écoute et répondent à vos questions. Pour participer au fil de la discussion sur le thème des “questions de parents”, contactez-nous ! 

Mon enfant dit tout le temps ‘‘non’’ 

Etre à l’écoute du “non”

Quel que soit l’âge de l’enfant, il importe aux adultes d’être vigilants : “Non” c’est “non” et “je ne sais pas", c’est “non” aussi. 

https://arretonslesviolences.gouv.fr/

Consulter, alerter

Si les propos de votre enfant sont choquants, ils sont sûrement à attribuer à une tierce personne. Ce sont des mots entendus et répétés. Parlez-en à des professionnels de la petite enfance.

Mon enfant dit des gros mots

Les premières explorations langagières se composent de syllabes et de mots répétés. Si dans son entourage votre tout-petit entend des gros mots, il va les redire ! Leurs sonorités et les réactions que provoquent ces gros “interdits” vont même l’inciter à recommencer. Cependant il est très probable que votre tout-petit ne comprenne pas du tout le sens et la portée des mots qu’il emploie.


Plusieurs cas de figure peuvent se présenter : Tout d’abord, votre enfant aime attirer votre attention. Les réactions à ses paroles grossières vont l'amuser, tout simplement parce qu’il vous aura fait réagir et aura créé un lien avec vous. Ensuite, si les mots et leurs portée sont connus et maîtrisé, cette verbalisation peut être témoin d’une impulsive, d’une agressivité. Comme les adolescents plus tard, il exprime ainsi sa colère, sa frustration, son opposition… Chaque famille a des échelles de valeur et des seuils de tolérance différents. Cependant, en collectivité et en particuliers dans les crèches et micro-crèches Planet Karapat, le respect est au centre de nos attentions. Gros mots, vilains mots et insultes ne sont pas tolérés. Nos professionnels de la petite enfance veillent à ce que la politesse sociale soit partagée.

Mon enfant dit tout le temps “non”, mon enfant dit des gros mots, que faire ?

> ne faites pas comme si vous ne l'entendiez pas ;
> ne rirez pas, ne prenez pas ces mots-là à la légère ;
> ne dramatisez pas : ces mots ne disent rien sur vos capacités de parents ou sur votre relation avec votre enfant ;
> donnez l'exemple : surveillez votre langage, celui de votre entourage direct ;
> cessez de commencer toutes vos phrases par un “non”, adoptez le mot “stop”...
> expliquez : aidez votre enfant à verbaliser ses émotions ;
> lorsque vous des mots inappropriés vous échappent, reprenez-vous et expliquez vous.

Mon enfant dit tout le temps “non”, mon enfant dit des gros mots, que faire ?

Mon enfant dit qu’il ne m’aime pas

Avec sa variante “tu es méchant”, le “je ne t’aime pas” est difficile à entendre, en tant que parent. Il fait réagir, remue, questionne… Pourtant, en disant ces mots-là, votre enfant verbalise simplement ce qu’il vit au moment présent. Il ressent tout de façon intense et immédiate et, submergé par des émotions, ce sont ces mots qu’il prononce. Plus l’intensité de ce qu’il vit est forte, plus les mots sont durs mais n’y voyez rien de définitif. Au contraire : les mots dits sont aussitôt oubliés.

En tant qu’adulte, il s’agit de verbaliser : “tu vis quelque chose… jalousie, frustration, colère…” et de poser des limites sécurisantes, de rassurer l’enfant : “moi je t’aime”. Maintenir sa position d’adulte est indispensable. Plus tard, lorsque votre enfant sera en âge de le comprendre, vous pourrez expliquer ce que vous ressentez en entendant ces mots-là, la peine qu’ils provoquent. 

Dans tous les cas, ces émotions intenses, ces paroles blessantes ne remettent pas en cause votre relation ou votre façon d’être parent.

Mon enfant n’a pas d’amis

Question de parent : « Mon enfant joue-t-il avec ses petits camarades à la crèche ? »

Parmi les questions de parents revient celle de la sociabilisation : mon enfant a-t-il des amis? Mon tout petit joue-t-il avec ses camarades à la crèche? C’est peut-être même pour cette raison que vous avez inscrit votre enfant dans une structure Karapat : vous souhaitez que votre tout-petit soit avec d’autres enfants de son âge, au sein d'une structure multi-accueil ou d’une crèche.

Oui, la question de la sociabilisation est très importante pour nous, en tant qu’adulte et parent. Car parler des relations que son enfant tisse avec les autres, c’est aussi parler de la solitude voire de l’isolement social, fléaux de nos sociétés. Mais si vos inquiétudes de parents sont légitimes, les attitudes de votre enfant sont tout à fait normales !

Les tout-petits sont autocentrés

Un enfant, au départ, ne se préoccupe que de lui-même. Il est autocentré et ne s’intéresse qu’à se qui le concerne et le touche directement, à l’instant présent. C’est normal. Donc, selon son âge, le tout-petit n’éprouve pas d’intérêt à aller vers les autres. Il commence son exploration seul, avec son corps et ce qui l’entoure.

La phase d’opposition et l’apparition du “non”

Les bébés sont conscients d’être une personne à part entière vers l’âge de 8 mois et veulent alors affirmer leur différence. D’où ce passage par la phase d’opposition et l’apparition du “non” dans leur vocabulaire ! 

Un apprentissage des bébés par imitation

Les tout-petits vont toutefois chercher à imiter leurs camarades : refaire les mêmes activités (par exemple, monter sur une table), prendre le même jeu, etc. C’est alors le début de la période des apprentissages par imitation. A ce moment-là, ils ne vont pas vouloir partager un jouet, ni le prêter, même si les professionnels de la petite enfance leur expliquent qu’il appartient à tout le monde. Et pour cause : cette notion est très difficile à intégrer pour les bébés.

Les interactions et la sociabilisation de l’enfant

Les interactions débutent généralement vers l’âge de 3 ans. Les enfants commencent alors à jouer ensemble, à deux ou en groupes élargis. Ensuite, lors du passage à l’école, les parents soulignent souvent les différences de parcours et de comportement entre les enfants qui ont l’habitude de vivre des moments en groupes et ceux qui n’ont pas encore ces expériences de sociabilisation.

Des amis pour la vie…

A partir de 3 ans, des liens d’amitié et une complicité se créent : les enfants s’inventent des mondes, des personnages… et certaines de ces amitiés perdurent bien après la crèche !

Chaque enfant a son propre parcours de développement et son propre rythme d’apprentissage. N’hésitez pas à partager vos questions avec les spécialistes de la petite enfance des structures Karapat.

 

Photos © Floriane Deysse

Mon enfant n’a pas d’amis

Mon enfant n’a pas faim

La question peut être plus complexe : est-ce qu’il n’a pas faim ? Est-ce qu’au moment de manger, il vit une situation inconfortable (douleur, position inconfortable, froid, chaud, besoin d’être changé, etc.) Est-ce qu’il est très fatigué et préfère dormir que manger ? Est-ce qu’il refuse tous types d’aliments ou seulement les nouveautés ?

Si la situation vous inquiète, consultez immédiatement un professionnel de la petite enfance.

Sinon, voici quelques pistes :

https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/lalimentation-de-0-4-mois-du-lait-rien-que-du-lait

https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/lalimentation-de-4-6-mois-le-debut-de-la-diversification

https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/lalimentation-de-6-mois-1-la-decouverte-des-textures

https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/lalimentation-de-1-2-ans

Les professionnels qui suivent et accompagnent votre tout-petit vous donneront des conseils spécialement adaptés à votre situation concernant les apports alimentaires, les portions et quantités, les collations, les boissons, le grignotage, etc.

Pour bien à manger et pour que vous profitiez aussi de ce moment privilégiez, vous pouvez :

  • veiller à créer un cadre agréable, apaisé, voire ludique ;
  • apporter des explication sur la nourriture et, lorsque votre enfant en est capable, l’impliquer dans la confection du repas ;
  • proposer les aliments avec une présentation soignée : des couleurs, des textures… parfois en les mélangeant, parfois en les séparant ;

Il est également recommandé de :

  • ne pas se comparer aux autres : chacun son développement, chacun sa personnalité ;
  • ne pas punir en privant de nourriture, ne pas récompenser avec de la nourriture ;
  • éteindre les écrans durant les temps de repas.
Mon enfant n’a pas faim

Voir plus d'articles